Mardi 29 avril 2008
Je ne pouvais pas ne pas vous parler du radeau de la Méduse...chaque fois que je vais au Louvre je me rue au département peintures Francaises, 2ème étage, salle 33 tout au fond à droite il y a...

Le Radeau de la Méduse (1818-1819) : Théodore Géricault
Image:Théodore Géricault - Le Radeau de la Méduse.jpg

Architecture du tableau :
le tableau ne comporte aucune symétrie ; il présente beaucoup de désordre volontaire qui s’apparente au thème, et plusieurs lignes de force, dont une principale, deux plans (au premier plan, le radeau et au deuxième, le paysage), c'est une structure pyramidale sur une base instable (la mer).

Le regard est entraîné par la ligne ascendante qui part du cadavre en bas à gauche, dont les jambes pendent en dehors du radeau, pour aboutir au marin dressé à droite et qui agite un linge en direction du navire salvateur. Le mouvement représenté est tout à fait logique, car il correspond à la réalité du fait divers historique : les quinze rescapés du radeau de la Méduse sont en effet récupérés par un navire, l’Argus. Le sens ascendant de la ligne marque une succession dans les sentiments qu’éprouvent les naufragés, du désespoir à l’espoir (même les nuages fort sombres, les couleurs et la lumière sur les cotés et au second plan renforcent cette idée de salut). Ce symbole est encore accentué par la gestuelle et les positions des individus du radeau. Le mouvement est également classique, car il correspond à notre regard occidental, à notre système de lecture de gauche à droite.

Au fur et à mesure de la conception de son tableau, Géricault a diminué progressivement la taille du bateau salvateur dans son tableau, pour n’en faire finalement qu’un tout petit point à peine suggéré, rendant le salut des hommes en détresse incertain. De plus, si l’on observe les voiles du radeau, on remarque qu’elles sont gonflées par un vent qui pousse ledit radeau vers la gauche, c'est-à-dire à l’opposé de l’Argus, dans le sens contraire de la lecture et, plus symboliquement, vers la mort. Ce « contre-mouvement » a aussi un effet inverse à celui décrit ci-dessus, et équilibre les forces en présence dans la scène.

Réalisme
 :
Géricault a, avant de peindre cette toile, mené une véritable enquête sur le naufage de "la Méduse", réunissant tous les éléments pour créer un tableau réaliste. Cependant il ne l'exécuta pas. En effet, le Noir au sommet de l'échaffaudage présente un dos musclé, alors qu'après 12 jours de famine, les os deviennent saillants et les muscles fondent. De même, les cadavres ont une peau pâle quelque peu idéalisée, et ils ne présentent pas les marques violettes de la décomposition. Chaque personnage est bien coiffé et rasé de près. Quant à la réalité contextuelle, elle n'est pas représentée : le jour où les naufragés furent retrouvés, la mer était calme, le ciel dégagé. Cependant Géricault aurait eu du mal à insuffler cette tension et ce désespoir en figurant une mer belle et un ciel bleu, aussi a-t-il transformé la réalité, montrant une mer agitée et un ciel tourmenté et sombre. Le peintre ne cherche pas à peindre la réalité, il est en quête de monumentalité, il veut transformer son tableau de fait divers en un tableau d'Histoire, le genre le plus prestigieux au XIXe siècle.

Mouvement ou immobilité :
la toile représente un moment assez agité. En effet, la scène représentée, inspirée d’un fait divers de l’époque, se déroule en mer, le radeau étant ballotté par les flots violents, les naufragés criant à l’aide afin qu’un navire vienne les secourir, les uns pleurant la mort d’un proche, les autres agonisant. Le moment précis de l’épisode est proche du dénouement de la tragédie alors que les survivants aperçoivent l'Argus. Le tableau conte ainsi, par toutes ces expressions de peur, d’angoisse, d’agonie ou encore d’espoir que l’on peut lire sur les visages si réalistes des personnages, l’histoire autour de laquelle tourne la toile de Géricault.

Géricault a soigneusement préparé la réalisation du Radeau de la Méduse et il en espérait beaucoup au Salon de 1819. L’artiste demanda même au charpentier de la Méduse, qui comptait parmi les survivants, de reconstituer le radeau. Il fit également des croquis de cadavres, et envisagea même que trois des survivants qui avaient publié un récit de leur aventure (le charpentier, l’ingénieur Corréard et le médecin Savigny) servent de modèles afin d’être le plus réaliste possible.

Analyse sémantique du tableau

Géricault commencera son tableau pendant les retentissements provoqués par les révélations des survivants. Pour fixer l'errance des damnés du radeau de la Méduse il a choisi un moment proche du dénouement de la tragédie alors que les survivants aperçoivent l'Argus. L’œuvre est en fait au cœur de tensions sociales, politiques et artistiques auxquelles Géricault participe mais qu’il subit aussi, il s'agit donc d'une prise de position contre l’État monarchiste, qui a voulu étouffer l'affaire.

Le naufrage de la Méduse peut être symboliquement vu comme l’image d’une époque, celle de l’Empire. On peut également y voir une représentation de l’entrée de l’actualité et du sensationnel dans la peinture.

Autre élément à noter, c'est un homme noir qui se tient à l'avant du radeau et fait signe au navire qui va sauver les naufragés. L'image est tout autant symbolique que politique.

L’artiste a réalisé ce tableau pour montrer ses talents, afin de se faire connaître du grand public, et c’est pourquoi il le présenta au Salon de 1819, où il fait sensation et manifeste l’émergence de la jeune école de peinture romantique.

C’est Eugène Delacroix qui a posé comme modèle pour le jeune homme au centre, dans le bas, le bras gauche sur une poutre. Plusieurs personnages du tableau portent des bandages enroulé autour des pieds. En effet, une étude du tableau aux rayons X a révélé que Géricault avait tenté de leur dessiner des pieds, en pure perte...


par Lili publié dans : Peintures et sculptures communauté : Arts
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Commentaires

commentaire n° : 1 posté par : carambaole (site web) le: 29/04/2008 06:46:05

je déteste les chats !!!!!!! ^_^


réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 08:57:02
J'aurais dû te connaitre à l'époque où je préparais le CAPES pour préparer mon analyse de tableau... ça m'aurait permis de ne pas passer deux fois les oraux ^_^
commentaire n° : 2 posté par : MamanCélib (site web) le: 29/04/2008 08:01:14

l'analyse n'est évidemment pas de moi mais c'est celle que je préfère de ce magnifique tableau très empreint d'histoire.


réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 08:56:48
Ah alors Géricault c'était un peintre et non une bataille...!
commentaire n° : 3 posté par : patur (site web) le: 29/04/2008 08:16:46

jeune sexuellement, jeune culturellement, jeune tout court quoi...


réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 08:55:56
Merci, on sent que tu l'aimes ce tableau ;)

M.
commentaire n° : 4 posté par : M. (site web) le: 29/04/2008 09:09:14

oui je l'aime !!! il me fait monter les larmes à chaque fois que je le regarde...j'ai même pas osé demander à mes amies de retourner le voir une dernière fois avant de partir de peur de les saouler...

réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 09:15:45
Oooooh oui, elle l'aime...
commentaire n° : 5 posté par : Nadou qui ne bosse toujours pas... le: 29/04/2008 09:12:36

oui beaucoup


réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 09:15:55
Non, ce n'était pas le radeau de la Méduse ce bateau...
lalalalalalalala....
Les Copines d'abord !
commentaire n° : 6 posté par : Nadou (cette fois ci j'y vais !) le: 29/04/2008 09:19:54

bouh tu sors stp...


réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 09:50:44
Non, mais t'arrêtes !!
Tu nous aurais pas saouler ma belette !!!

(Lili dans toute sa grâce.... hihihi)
commentaire n° : 7 posté par : Nadou le: 29/04/2008 09:21:18

ah la grâce...


réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 09:50:59
Moi aussi, quand  j'y vais, je m'assois devant et je peux passer 20 minutes à le regarder. On sent la détresse de ces gens et il y a ce petit espoir au loin. Il est tout simplement magnifique.
Je ne savais pas que c'était Delacroix sur le tableau;)
commentaire n° : 8 posté par : monbricabrac (site web) le: 29/04/2008 09:21:21

c'est dingue ! tu es comme moi : habituellement je me pose devant, assise et j'allume mon MP3, je contemple l'oeuvre en écoutant du classique...là je n'avais pas mon MP3 et j'étais avce mes amies
donc...


réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 09:51:52
Un monument de la peinture, qui ne laisse pas indifférent quand on le voit en vrai. En ce sens Géricault a réussi son coup de maître et avec cette oeuvre grandiose est rentré dans la postérité.
Bonjour chez vous Amélie 
commentaire n° : 9 posté par : jean-Pierre (site web) le: 29/04/2008 11:00:46

de fait mon regard est toujous attiré au même endroit sur ce tableau...le cadavre en bas à gauche,je ne sais pas pourquoi...


réponse de : Lili (site web) le: 29/04/2008 11:52:19
Je te visiste et te revisite et plus je te lis plus je découvre ton éclectisme ,ta pluralité féminine,tes curosités,ta curiosité.
J'aime beaucoup tout ce qui fais le tour de ta vie .
Cela ressemble un peu à la mienne lorsque j'avais une dizaine d'années de moins.
Moi toujours avide des autres.
Tu es exactement dans la lignée de ce que j'aime.
Tu possèdes cet humanisme et ce goût des autres qui rendent si sensibles les belles âmes.
La fraîcheur de tes écris me gagne en ce monde où il n'est pas si facile de se dire naturellement si bien...
Je te laisse me lire de temps en temps si tu en a envie.
A bientôt de ton si beau quotidien.
commentaire n° : 10 posté par : pierma (site web) le: 29/04/2008 23:22:39
je vous lis et ce commentaire est le plus beau des 2188 commentaires que j'ai sur ce blog
Merci !
réponse de : Lili (site web) le: 30/04/2008 09:26:45
Hum, facile de recopier Wikipedia...

Cela dit, blog sympa.
commentaire n° : 11 posté par : Desman le: 09/06/2008 23:23:09
je ne prétends pas être LA source unique de mes articles...

merci
réponse de : Lili (site web) le: 10/06/2008 08:49:38
 
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