
Architecture du tableau :
le tableau ne comporte aucune symétrie ; il présente beaucoup de désordre volontaire qui s’apparente au thème, et plusieurs lignes de force, dont une principale, deux plans (au premier plan,
le radeau et au deuxième, le paysage), c'est une structure pyramidale sur une base instable (la mer).
Le regard est entraîné par la ligne ascendante qui part du cadavre en bas à gauche, dont les jambes pendent en dehors du radeau, pour aboutir au marin dressé à droite et qui agite un linge en direction du navire salvateur. Le mouvement représenté est tout à fait logique, car il correspond à la réalité du fait divers historique : les quinze rescapés du radeau de la Méduse sont en effet récupérés par un navire, l’Argus. Le sens ascendant de la ligne marque une succession dans les sentiments qu’éprouvent les naufragés, du désespoir à l’espoir (même les nuages fort sombres, les couleurs et la lumière sur les cotés et au second plan renforcent cette idée de salut). Ce symbole est encore accentué par la gestuelle et les positions des individus du radeau. Le mouvement est également classique, car il correspond à notre regard occidental, à notre système de lecture de gauche à droite.
Au fur et à mesure de la conception de son tableau, Géricault a diminué progressivement la taille du bateau
salvateur dans son tableau, pour n’en faire finalement qu’un tout petit point à peine suggéré, rendant le salut des hommes en détresse incertain. De plus, si l’on observe les voiles du radeau, on
remarque qu’elles sont gonflées par un vent qui pousse ledit radeau vers la gauche, c'est-à-dire à l’opposé de l’Argus, dans le sens contraire de la lecture et, plus symboliquement, vers la mort.
Ce « contre-mouvement » a aussi un effet inverse à celui décrit ci-dessus, et équilibre les forces en présence dans la scène.
Réalisme :
Géricault a, avant de peindre cette toile, mené une véritable enquête sur le naufage de "la Méduse", réunissant tous les éléments pour créer un tableau réaliste. Cependant il ne l'exécuta pas. En
effet, le Noir au sommet de l'échaffaudage présente un dos musclé, alors qu'après 12 jours de famine, les os deviennent saillants et les muscles fondent. De même, les cadavres ont une peau pâle
quelque peu idéalisée, et ils ne présentent pas les marques violettes de la décomposition. Chaque personnage est bien coiffé et rasé de près. Quant à la réalité contextuelle, elle n'est pas
représentée : le jour où les naufragés furent retrouvés, la mer était calme, le ciel dégagé. Cependant Géricault aurait eu du mal à insuffler cette tension et ce désespoir en figurant une
mer belle et un ciel bleu, aussi a-t-il transformé la réalité, montrant une mer agitée et un ciel tourmenté et sombre. Le peintre ne cherche pas à peindre la réalité, il est en quête de
monumentalité, il veut transformer son tableau de fait divers en un tableau d'Histoire, le genre le plus prestigieux au XIXe siècle.
Mouvement
ou immobilité :
la toile représente un moment assez agité. En effet, la scène représentée, inspirée d’un fait divers de l’époque, se déroule en mer, le radeau étant
ballotté par les flots violents, les naufragés criant à l’aide afin qu’un navire vienne les secourir, les uns pleurant la mort d’un proche, les autres agonisant. Le moment précis de l’épisode est
proche du dénouement de la tragédie alors que les survivants aperçoivent l'Argus. Le tableau conte ainsi, par toutes ces expressions de peur, d’angoisse, d’agonie ou encore d’espoir que l’on peut
lire sur les visages si réalistes des personnages, l’histoire autour de laquelle tourne la toile de Géricault.
Géricault a soigneusement préparé la réalisation du Radeau de la Méduse et il en espérait beaucoup au Salon de 1819. L’artiste demanda même au charpentier de la Méduse, qui comptait parmi les survivants, de reconstituer le radeau. Il fit également des croquis de cadavres, et envisagea même que trois des survivants qui avaient publié un récit de leur aventure (le charpentier, l’ingénieur Corréard et le médecin Savigny) servent de modèles afin d’être le plus réaliste possible.
Analyse sémantique du tableauLe naufrage de la Méduse peut être symboliquement vu comme l’image d’une époque, celle de l’Empire. On peut également y voir une représentation de l’entrée de l’actualité et du sensationnel dans la peinture.
Autre élément à noter, c'est un homme noir qui se tient à l'avant du radeau et fait signe au navire qui va sauver les naufragés. L'image est tout autant symbolique que politique.
L’artiste a réalisé ce tableau pour montrer ses talents, afin de se faire connaître du grand public, et c’est pourquoi il le présenta au Salon de 1819, où il fait sensation et manifeste l’émergence de la jeune école de peinture romantique.
C’est Eugène Delacroix qui a posé comme modèle pour le jeune homme au centre, dans le bas, le bras gauche sur une poutre. Plusieurs personnages du tableau portent des bandages enroulé autour des pieds. En effet, une étude du tableau aux rayons X a révélé que Géricault avait tenté de leur dessiner des pieds, en pure perte...
oui je l'aime !!! il me fait monter les larmes à chaque fois que je le regarde...j'ai même pas osé demander à mes amies de retourner le voir une dernière fois avant de partir de peur de les saouler...
je déteste les chats !!!!!!! ^_^