Mercredi 25 juin 2008
D'abord je me déchausse toujours, je mets mes pieds à nus...

Ensuite je m'allonge toujours ou presque sur le ventre...

J'ôte mes bagues et mes bracelets, toujours, je ne sais pas pourquoi.

Je ferme les yeux

Je prends contact avec moi, avec mes sensations du moment

Puis avec l'extérieur, chut, écoutes le chant des oiseaux,

Je sens la brise caresser mon  visage, le soleil réchauffer mes pieds nus

Je suis prête...

J'ouvre l'ouvrage, toujours en le respirant avant.

Je suis partie, je suis ailleurs, je suis loin

Je pénètre l'univers de l'auteur

Je dévore ses mots, déguste son style et jouis de ses descriptions.

Je lis, je suis heureuse



Et pour vous faire partager mon bonheur, je vous offre ce petit passage des Petits Poèmes en prose de Baudelaire


Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. "

par Lili publié dans : Poésies & lectures
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Samedi 10 mai 2008
Baudelaireje viens de terminer cette superbe biographie de BAUDELAIRE par Henri Troyat de l'Académie Française.

Outre le fait que je suis une admiratrice invétérée de ce Charles, cet ouvrage est superbement écrit...
Des faits, certes, mais beaucoup de sentiments, Troyat entre vraiment dans l'univers très intime du poète maudit. Personnage pourtant complexe, à la limite de la schizophrénie, paranoiaque, tourmenté, j'ai vraiment eu le sentiment que Troyat avait pénétré l'âme de BAUDELAIRE.

Des bribes de poèmes que je ne connaissais pas viennent alimenter cet ouvrage ainsi que de magnifiques photos.

J'ai passé toutes les soirées de ma semaine en compagnie de ce Charles tourmenté, excentrique, de ce gamin paumé et solitaire à la fois. Je l'ai accompagné dans ces dépravations les plus glauques, dans ces questionnements les plus intimes. il reste et restera pour moi toujours une énigme, un mythe.



par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Interlignes
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Mercredi 30 avril 2008





Voilà un livre fondateur, où se résument les contradictions vibrantes des héritages différents de l'Afrique contemporaine : héritages socio-culturels liés à l'importance des clans et des familles, héritages spirituels catholiques ou musulmans, apports scientifiques, techniques, politiques, des traditions occidentales. Adapté à la télévision (en un temps où Hervé Bourges dirigeait TF1), édité et réédité, le grand livre de Cheikh Hamidou Kane, L'Aventure ambiguë, est peut-être la conciliation la plus réussie de l'écriture romanesque classique et de la pensée philosophique et mystique de l'Afrique occidentale, dans une prose française parfaitement équilibrée, juste et belle, qui ne s'interdit pas de prendre des accents poétiques. L'éducation et la formation de Samba Diallo seront doubles : traditionnelles d'abord, sous la férule religieuse du Maître des Diallobé et l'autorité de la Grande Royale, véritable chef de famille ; occidentales ensuite, par la fréquentation de " l'école étrangère " et les études supérieures parisiennes. Comment conjuguer l'identité peule, toute cette mémoire de sagesse et de rigueur héritée de générations de Diallobé et l'efficacité cartésienne de la civilisation des colons ? Est-ce seulement possible ? Le déchirement intérieur de Samba Diallo, peut-il en faire profiter son peuple ? Peut-il seulement en profiter lui-même ? L'écrivain est un peu dubitatif, irrésolu, et c'est pourquoi l'aventure reste " ambiguë ". Car telle est la subtile et belle dialectique du métissage, dont Cheikh Hamidou Kane montre bien la complexité, et peut-être l'impossible synthèse : le grand écart entre deux modes de pensée peut-il se réduire, pour éviter l'incompréhension, les dangers, toujours présents, de la folie ? Il n'offre pas de réponse : par son écriture de la douleur et de l'exil intérieur, ce grand écrivain sénégalais est un peu l'anti- Senghor, apôtre impeccable d'une culture francophone qui joue un rôle de passerelle entre Afrique et Occident. Mais comme celle de Senghor, son œuvre est aussi, par la langue, une célébration affectueuse d'une mémoire noire pétrie de très anciennes valeurs, et toujours imprégnée des couleurs, des saveurs, des senteurs généreuses d'une terre excessive, où l'existence est comme plus dense…-- Khaled Elraz -- --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Interlignes
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Dimanche 27 avril 2008
j'ai beaucoup apprécié la lecture de cet article de Flamerion à l'occasion de la fête des 150 ans de Baudelaire, j'ai laissé tous les liens si vous voulez en savoir plus.

"Le 23 juin 1857, Charles Baudelaire a 36 ans. Essayiste et journaliste, traducteur de Edgar Allan Poe, amoureux des femmes et méprisé par sa mère, il publie l’oeuvre de sa vie : ‘Les Fleurs du mal’. Un recueil de poèmes sulfureux entré depuis au panthéon de la littérature française, bousculant à jamais les frontières de la poésie.

Elles ont un âge, celui de “l’horloge, dieu sinistre, effrayant impassible, dont le doigt nous menace et nous dit : Souviens-toi !” Mais comment les oublier, elles, les éternelles. Cela fait 150 ans que Baudelaire a posé ces mots extraordinaires, patrimoine florissant de la poésie française. Pourtant le bouquet n’a pas séché, et ses fleurs au soleil de nos yeux n’ont cessé de s’épanouir.
Jamais un recueil de poèmes français n’aura été si populaire. Plus couru que les
‘Paroles’ de Prévert, que ‘Les Yeux d’Elsa’ d’Aragon, ou encore que les ‘Poèmes saturniens’ de Verlaine, les rimes de Baudelaire ont laissé leurs effluves dans toutes les mémoires. Souvenirs d’un apprentissage scolaire laborieux ou d’adolescentes crises de l’âme, ils se raniment instantanément, à peine passée la première hémistiche.


Censure et manigances...

Pourtant ce trésor si cher au coeur de la France n’a pas coulé que des jours heureux. Quelques semaines à peine après la publication du recueil, le 5 juillet 1857, un article du Figaro signé Gustave Bourdin fustige les textes de Baudelaire : “Ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit, à toutes les putridités du coeur.” Le scandale éclate, attisé par une presse pudibonde choquée par le prosaïsme sordide des poèmes - principalement ceux du chapitre ‘Fleurs du mal’ ; ‘La Destruction’ et ‘Les Métamorphoses du vampire’ en tête. S’ensuit la saisie de l’ouvrage le 17 juillet et un procès qui fera grand bruit, au terme duquel Baudelaire et son éditeur Poulet-Malassis sont condamnés à de symboliques amendes. ‘Les Fleurs du mal’ sont censurées, amputées de six poèmes parmi lesquels ‘Les Bijoux’, ‘Lesbos’ et ‘Femmes damnées’.
Mais ce scandale, Baudelaire l’attendait. Certains de ses poèmes, publiés depuis les années 1840, ont déjà suscité les foudres de la critique. Le nom même qu’il choisit de donner à son recueil - après avoir pensé l’intituler ‘Les Limbes’ ou ‘Les Lesbiennes’ - est une provocation. Il rompt avec le traditionnel schéma qui lie le mal au laid et esquisse d’emblée une vision poétique novatrice qui promet de susciter l’incrédulité et la vindicte. Le ton est donné. Au royaume des fleurs, l’oxymore est roi et les sens esthétiques sont renversés. Le monde entre dans une nouvelle ère, et Baudelaire, dandy irrévérencieux et génie de la rime, signe le prologue de ces temps incertains.

La polémique fait son oeuvre, et la réparation officieuse qui intervient en 1860 sous la forme d’une indemnité littéraire de 500 francs, allouée au livre par le ministère de l’Instruction publique, vient clore le chapitre des récriminations. Marqué par son jugement et son implication en termes de liberté artistique, Baudelaire repense ses ‘Fleurs du mal’, remanie certains textes, et ajoute 32 poèmes aux 94 que la censure n’a pas condamnés. ‘Les Fleurs du mal’ sont l’oeuvre d’une vie, le fruit vénéneux de la carrière du poète. Il en a pensé la répartition et la chronologie comme on construit un roman, avec son prologue, son développement et sa conclusion. Un roman de poèmes qu’il peaufine, qu’il veut le plus vrai et le plus juste, le plus libre aussi, de dire les contradictions et la dualité du monde.


Un souffle de modernité

Au-delà de leur puissance évocatrice, de leur beauté sombre et de leur portée syncrétique, les vers de Baudelaire occupent surtout une place exceptionnelle dans la littérature française. Lassé du lyrisme romantique et du formalisme, Baudelaire balaie les codes qui ont fait la renommée des belles lettres françaises et enfonce la porte d’un modernisme qui ne s’arrêtera plus. Son oeuvre reflète l’industrialisation galopante, elle est intrinsèquement urbaine, loin, très loin de l’esthétique romantique.
Nourris d’une incroyable conscience sociale, ses textes sortent du cadre de la poésie pure. Ils prennent une forme violemment prosaïque pour dire les doutes et les craintes que laissent dans leur sillage les avatars du progrès. De ce maelström violent, le poète extrait un irrépressible sentiment d’angoisse, ce spleen, l’essence du recueil qui par quatre fois donne son nom à un poème. “Je suis comme le roi d’un pays pluvieux, riche, mais impuissant, jeune et pourtant très-vieux...” Baudelaire, précurseur d’une littérature “sociétale”, met en vers ses angoisses personnelles, guidées par une conscience éveillée des incertitudes de son temps - la mort en suspens, comme un dernier vestige, peut-être, d’un romantisme moribond.

Dans une lettre qu’il lui adresse le 13 juillet 1857, Flaubert félicite Baudelaire : “Vous avez trouvé le moyen de rajeunir le romantisme. Ce qui me plaît avant tout dans votre livre, c’est que l’Art y prédomine. Vous êtes résistant comme le marbre et pénétrant comme un brouillard d’Angleterre.” L’art devant, le sentiment derrière. La petite révolution que Baudelaire inflige aux lettres françaises fera vite son chemin, et si à sa mort la condamnation est quasi unanime, ‘Les Fleurs du mal’ trouvent quelques années plus tard, chez les symbolistes, chez Rimbaud et Verlaine, des admirateurs convaincus. A l’aube du XXe siècle, les poèmes de Baudelaire deviennent le symbole de l’affranchissement des codes et celui du renversement des valeurs.


Fête des fleurs

A l’heure de fêter le cent cinquantième anniversaire de la publication du recueil, de nombreuses manifestations et autres clins d’oeil viennent saluer ce fleuron de la poésie française. Les éditions du Chêne publient ‘Les Fleurs du mal illustrées par Matisse’ et Diane de Selliers sort une version agrémentée des toiles de la peinture symboliste et décadente. Deux ouvrages commémoratifs du plus bel effet. L’exposition, titrée ’Auguste Poulet-Malassis et Charles Baudelaire, 150 ans de l’édition des Fleurs du mal’, se tient en l’église des jésuites d’Alençon du 23 juin au 14 octobre. Elle met en relief l’aventure éditoriale conflictuelle et l’amitié des deux hommes. Le 27 juin, Sotheby’s procédera à la vente aux enchères des pièces de la collection Baudelaire de Pierre Leroy. Un trésor comprenant un exemplaire offert par l’auteur à son ami le peintre Eugène Delacroix. A cette occasion, l’édition du 22 juin de ‘Bibliothèque Médicis’, émission présentée par Jean-Pierre Elkabbach sur Public Sénat, sera consacrée au poète. Enfin tout récemment, c’est le couturier Jean-Paul Gaultier qui, à sa façon, s’est approprié le recueil de Baudelaire, en baptisant son nouveau parfum Fleur du mâle. Alors, hommage littéraire ou allusion douteuse ? Amis de la poésie, bonsoir !

“Le poète est semblable au prince des nuées qui hante la tempête et se rit de l’archer ; exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l’empêchent de marcher.” Baudelaire, l’albatros, a survolé son temps, pris sur lui d’incarner le mouvement et tracé les lignes de l’avenir. Il a inscrit les versets d’une oeuvre atypique, exquise et cruelle. Pour toujours, ses poèmes ont le parfum du souffre et la beauté de l’exception. Ils sont ces “rares fleurs mêlant leurs odeurs aux vagues senteurs de l’ambre.” Un parfum enivrant, résolument moderne, qui n’a pas fini de nous tourner la tête. Car au gré des saisons, à l’abri du temps, jamais ne se fanent ‘Les Fleurs du mal’.

Thomas Flamerion

par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Interlignes
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Samedi 26 avril 2008
Contes pour enfants pas sages
J'aime Prévert...Alors pour le plaisir, et parce que j'ai du mal à avancer dans ma lecture de Kennedy et peut être aussi parce que ce recueil là sera le premier que je lirai aux enfants malades...je me suis replongée dans Contes pour enfants pas sages de Jacques Prévert...

Ce monde surprenant où se cottoient les personnages les  plus invraissemblables : ainsi nous pouvons faire la connaissance de l'autruche qui converse avec notre Petit Poucet, un dromadaire boudeur...

Ces contes sont emplis d'humour mordant et tendre...

Les illustrations d'Elsa Henriquez sont magiques et collent bien à l'imaginaire de Prévert.


La plus belle phrase
Celui-là c'est l'éléphant de mer, mais il n'en sait rien. L'éléphant de mer ou l'escargot de Bourgogne, ça n'a pas de sens pour lui, il se moque de ces choses-là, il ne tient pas 'à être quelqu'un'.


La phrase à retenir
Il y avait une fois des girafes Il y avait beaucoup de girafes. Bientôt il n'y en aura plus C' est monsieur l'homme qui les tue...


Allez grands et petits! à vos livres !

par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Interlignes
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Vendredi 18 avril 2008
Et si la négritude était morte avec le  grand Aimé Césaire...

je tenais juste à rendre hommage à ce grand poète, mais aussi politicien au grand coeur. Avec lui un combat est né, un espoir symbolique pour les peuples opprimés .

Figure emblématique des Antilles françaises, et objet d'un véritable culte en Martinique,  Aimé Césaire avait été confronté très jeune à la misère de la population rurale d'une île profondément marquée par deux siècles d'esclavage, qui avait alors le statut de colonie.

Etudiant à Paris dans les années 1930, il avait forgé avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon-Gontran Damas, le concept de la "Négritude", la conscience de l'identité noire, la "fierté d'être nègre" et de revendiquer ses origines africaines.

La "négritude" avait rapidement débordé le cadre des seuls intellectuels français pour se répandre dans les pays colonisés, en Afrique, dans les Caraïbes, et au delà chez les militants noirs américains en lutte pour les droits civiques. Son message avait dès lors pris un caractère universel, notamment après la publication de son "Discours sur le colonialisme" (1950), cri de révolte contre l'Occident, juché sur "le plus haut tas de cadavres de l'humanité".

De tous les combats contre le colonialisme et le racisme pendant 70 ans, l'auteur du "Cahier d'un retour au pays natal" a consacré sa vie à la littérature et à la politique. Il avait notamment été en 1946 le rapporteur de la loi sur la départementalisation des territoires de Martinique, Guyane, Guadeloupe et de La Réunion. Il avait fondé le Parti Progressiste Martiniquais (PPM) en 1958, après sa rupture avec le PCF.

Et pour faire aussi hommage au grand poète qu'il était :


LA ROUE

La roue est la plus belle découverte de l'homme et la seule
il y a le soleil qui tourne
il y a la terre qui tourne
il y a ton visage qui tourne sur l'essieu de ton cou quand
tu pleures
mais vous minutes n 'enroulerez-vous pas sur la bobine à
vivre le sang lapé
l'art de souffrir aiguisé comme des moignons d'arbre par les
couteaux de l'hiver
la biche saoule de ne pas boire
qui me pose sur la margelle inattendue ton
visage de goélette démâtée
ton visage
comme un village endormi au fond d'un lac
et qui renaît au jour de l'herbe et de l'année
germe

Aimé Césaire (1913 )

par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Arts
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Vendredi 18 avril 2008
“C’est l’histoire d’un photographe fatigué, d’une fille patiente, d’horreurs banales et d’un chat pénible”, écrit Larcenet

A  y est !!! j'ai lu ma première BD en ENTIER ( oui souvent je m'arrête à la 3ème page...) alors pour le "Satisfait ou remboursé " de Whynot ; eh bien ce sera "SATISFAITE mais..."

Satisfaite ?

Oui, je dois bien avouer que cette BD est assez profonde,émouvante, c'est l'histoire d'une reconstruction,  les graphismes sont hypersensibles  : déformation liée surement à mon goût pour la littérature mais je me suis dit en lisant cette BD qu'il y aurait matière à l'adapter sous une forme romanesque...ok je sors...

Mais pourquoi ?

Parce  même si j'ai aimé, c'est trop court !! vraiment ! à peine avons nous fait connaissance avec le héros et son univers c'est déjà fini ( j'te vois venir Whynot avec tes " T'as qu'à t'offrir les 3 autres tomes" ...) et puis et surtout ce qui me frustre dans les BDS c'est que l'auteur ne va jamais au fond des sujets...ca survole pas mal de thèmes profonds comme l'amour, l'engagement, les peurs, le sens que l'on peut donner à sa vie, les quêtes personnelles, les rapports enfant/parent mais sans jamais vraiment aller au fond...ca m'a donc un peu frustrée.

Ceci dit vraiment j'ai apprécié, et je vais même renouveler l'expérience...dès que je me serai rassasiée d'un nouveau roman d'au moins 500 pages !!!!!

par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Interlignes
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Mardi 15 avril 2008

Il y a toujours des premières fois hein, des premières fois qui nous font dire que :
1- on est jamais trop vieux ( ou trop jeune d'ailleurs )
2- il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ( menfin j'ai pas encore changé d'avis hein....)

Donc voilà aujourd'hui même, 15 avril 2008 à l'aube de mes 30 ans, je viens de m'offrir ma première BD !!!
non vous ne rêvez pas, je suis une consommatrice hors pair de littérature mais alors les BDs j'avoue que ce n'est pas ma tasse de thé...je m'y suis bien essayé étant plus jeune en piquant les tintins et mafalda de mon ti frère mais non ....je n'ai jamais accroché.
Je ne vais pas me faire que des amis en disant cela mais allez tant pis j'assume ; je trouve que la bande dessinée est un affront à la littérature...
Bref...Whynot, a failli m'assassiner après ces dires et m'a ordonné de lire LE COMBAT ORDINAIRE de Larcenet: oui oui vous ne rêvez pas ORDONNER j'ai dis !
alors en grande ( bon le grande est relatif hein Whynot !) curieuse que je suis je me suis dit "après tout  why not ?"

Alors je vous avoue que c'est vraiment la curiosité qui me pousse à cette lecture ! et puis j'ai survécu à la lecture de Beigbeder ( et j'y ai même pris du plaisir !) alors je peux survivre au Combat ordinaire non ?

Allez dès ce soir j'attaque !

par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Interlignes
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Lundi 14 avril 2008

Je viens de terminer J'étais derrière toi de Nicolas FARGUES.

Je ne vais forcément pas être suffisamment objective sur ce roman, en même temps existe il des lecteurs objectifs ?
Je viens à l'instant de relire la critique que M a fait de ce livre sur son blog...je dois dire que nos points de vue sont quasi-opposés. C'est interessant de voir que le vécu de chacun d'entre nous peut nous faire percevoir les choses différemment.

Dans un premier temps, j'ai apprécié le style de FARGUES ( que je ne connaissais pas avant. ) La discussion, la confidence ; c'est osé. Ainsi je me retrouve confidente d'un homme de mon âge qui traverse avec une quasi similitude mon histoire. C'est troublant.

TROUBLANT, c'est le mot qui résumera cette lecture....troublant parce qu'on me livre un point de vie masculin sur tout ce que j'ai vécu, troublant parce que durant le lecture je suis Nicolas, je vis ses contradictions, je vis sa fougue, je vis cette sensation d'être "à part", je vis mes faiblesses, je nie mes désirs, je me sens bloquée comme il se sent bloqué. cet homme est mon doublon en quelque sorte. Il me met façe à moi , façe aux sentiments que je nie en bloc, il me violente autant qu'il m'émeut. Il me fait comprendre aussi un tas de choses.

Pour résumer c'est quoi ? :
L'enfer d'une relation qu'il dit lui même "pourrie" qui " moisit" mais dont il ne trouve ni la force ni l'envie de se défaire. Une rencontre qui chamboule, qui lé révèle à lui même,  une séparation, des retrouvailles...bref un coktail explosif de sentiments qui pour ma part m'a beaucoup émue parce qu'il écrit avec son coeur, avec son ventre et que putain ca sonne vrai...

Voiçi quelques extraits :

Bon, moi, à aucun moment je n'ai vraiment pensé à me faire prescrire du Prozac parce que j'ai, au fond, je crois, un égo surdimensionné qui me fait toujours me maintenir la tête hors de l'eau et toujours retomber sur mes pattes, quoi qu'il arrive. Mais aujourd' hui,j'ai compris qu'il y a des douleurs mentales qui sont trop fortes, trop lourdes à supporter, et qui, à la longue, peuvent vraiment finir par te faire lâcher prise. Et que, contre ces douleurs, la médecine occidentale a exploité des molécules qui peuvent te rendre la vie moins insupportable. Et qu'on aurait tort de s'en priver si l'on en a vraiment besoin, si c'est trop dur, si on n'a pas la force de faire autrement, si ça peut nous rendre moins malheureux. Et qu'il y a aucune honte à cela.


Ce que je veux dire, c'est que, pendant la conversation, je sens qu'elle me scrute comme je la scrute, avec la même acuité discrète mais dense. Je sens qu'au-delà d'une réciproque attirance physique, au-delà des joutes superficielles de séduction, elle aussi cherche à m'identifier, je sens qu'elle traque chez moi la faute de goût mais dans l'espoir grandissant qu'il n'y en aura pas. Que, comme moi, entre prudence et incrédulité amusée, elle coche mentalement une à une les cases de tous les paramètres indispensables du type exceptionnel et qu'elle s'étonne autant que moi d'elle de le trouver en face, aujourd' hui, dans ce square, sur ce banc. C'est une nana vive, vivante, marrante, alerte, critique, pas narcissique, qui sait oublier qu'elle est belle, elle a de la repartie sans en faire trop non plus, je continue à prendre progressivement conscience de la beauté de ses traits. C'est bizarre, la beauté en face de soi, on ne s'en rend vraiment compte qu'après coup. Sur le moment, dans la conversation, tu sens juste qu'il se passe un truc qui te rend l'air léger, tu sens que tu te sens bien sans savoir pourquoi.

Nous établissons ainsi, jour après jour, une relation à la fois virtuelle et sincère de mots, on met l'un et l'autre un point d'honneur à aller le plus loin possible dans la sincérité et l'auto-analyse de nos défauts respectifs, un peu comme si l'on voulait préparer un terrain nickel pour un avenir commun. Dans la journée, elle m'envoie par SMS des vers de Pessoa, elle me demande si je préfère la mer ou la montagne, les douches ou les bains, la voiture ou le train, si j'aime l'huile d'olive, les chiens, les filles qui se maquillent, les strings et le groupe Orishas. Je lui raconte mon enfance, les crépuscules de Tanambo au retour de la plage le dimanche, les pleines lunes énormes, les vents à décorner les zébus et l'odeur de la saison des pluies, je lui demande par SMS si elle préfère les frites ou les patates douces, si elle ne déteste pas trop le foot, si elle aime les hommes en costume-cravate et Debussy.


par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Interlignes
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Mardi 8 avril 2008

Les mains
je suis très sensible aux mains, enfin aux belles mains...



Les premières mains à m'avoir marquée sont indéniablement celles de mon grand père...je ne me souviens que peu des mains pourtant aimantes de ma maman...
Les mains de mon grand père étaient tout le reflet de son âme : grandes, fines, douces, calmes, gracieuses et protectrices.
Les mains de mon père ont été sévères, travailleuses, directives...elles m'ont marquées aussi.
Les mains de ma fille sont dodues, maladroites, créatives, aimantes...

Ce que je regarde en premier lieu chez un homme ? (après ses fe**es' nan je déconne !) ce sont ses mains...
les mains c'est comme les yeux, elles révèlent beaucoup de la personnalité d'une personne...des mains aux ongles rongés, je n'aime pas, des mains sèches je n'aime pas, des mains sales non plus.
Des mains soignées, des mains douces, des mains bien blanches comme préservées j'aime.

Les mains, elles dansent aussi...les gestes que l'on fait avec ses mains c'est assez révélateur, des mains qui dansent, des mains qui flottent, des mains légères, des mains enjouées j'aime beaucoup...les mains tremblantes, les mains autoritaires j'aime pas...

Et il y a aussi le mains tendues, les mains d'un ami, d'un amour, d'un proche qui nous aide, nous guide, nous accompagne, elles sont belles aussi ces mains là

...et pour finir ce joli poème de Aragon sur les mains de sa bien aimée :


Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé

Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d'émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi

Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m'envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j'ai trahi quand j'ai tresailli

Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots

Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D'une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d'inconnu

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.


Extrait du "Fou d'Elsa",

par Lili publié dans : Poésies & lectures communauté : Interlignes
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